Résumé
Vers 1824, A. Ruelle construit la fabrique. Elle est reprise d'abord par les Forestier du Crouzet (d'où le nom de Maison Forestier). Plusieurs litiges concernent l'approvisionnement en eau par rapport à la fabrique des Fumades. En 1882, le moulinage fonctionne mais pas la filature. Il emploie 35 femmes (dont 6 filles de moins de 16 ans, 22 de moins de 21) et 10 hommes (dont quatre garçons). Pendant la Première guerre mondiale l'usine est à l'arrêt. Son activité reprend au début des années 1920...
Description
Descriptif physique
La fabrique n'est pas visible sur le cadastre napoléonien. Sur le cadastre rénové on distingue un imposant bâtiment en L occupant le Nord-Est du site et un petit bâtiment en L à l'angle Sud-Ouest du site. Le bâtiment au Nord-Est est le moulinage. Son extrémité Ouest sert de local énergétique, de dortoirs pour les ouvrières et de réfectoire. Son élévation à travées est perturbée par un passage pour les véhicules à l'Est. Perpendiculaire au moulinage, à l'Est, se trouve la filature : reconnaissable à ses larges ouvertures (11 ?) et à la cheminée qui lui est accolée. Ces deux corps de bâtiment comptent un vaisseau au rez-de-chaussée et un étage (et un comble). Le bâtiment est construit en moellons recouverts par un crépi (selon les époques ?). Le toit est couvert de tuiles. Au sud de l'aile Est peut se trouver la maison de maître, élevée sur un rez-de-chaussée, deux étages et un comble. La façade sud est ouverte de six travées de fenêtres (œils-de-bœuf pour les combles). Son rez-de-chaussée est fermé par des barreaux : il a pu être utilisé pour le moulinage. Le plus petit bâtiment situé au Sud-Ouest du site suit également un plan en L. Il s'élève sur un étage au-dessus du rez-de-chaussée : il semble que ce soit la maison du concierge. Entre ces deux bâtiments se trouvait un parc arboré, notamment avec un tilleul. Le site a subi de nombreux remaniements, dus à ses multiples fonctions. Les parties les plus remaniés sont la maison du concierge a été remaniée et agrandie vers le parc, pour les besoins du restaurant qui l'occupe et la partie Ouest du bâtiment au Nord (logements). L'autre côté et l'aile située à l'Est sont moins modifié, ainsi que la maison de maître.
Repères historiques
Siècle : 15
Vers 1824, A. Ruelle construit la fabrique. Elle est reprise d'abord par les Forestier du Crouzet (d'où le nom de Maison Forestier). Plusieurs litiges concernent l'approvisionnement en eau par rapport à la fabrique des Fumades. En 1882, le moulinage fonctionne mais pas la filature. Il emploie 35 femmes (dont 6 filles de moins de 16 ans, 22 de moins de 21) et 10 hommes (dont quatre garçons). Pendant la Première guerre mondiale l'usine est à l'arrêt. Son activité reprend au début des années 1920 avec le refus affiché des patrons d'appliquer le droit à la journée de 9h votée en 1919. Selon l'association Créarches, on fabriquait alors des tapis d'Orient dans l'usine. Le site est nommé Maison des Arméniens. L'usine est alors tenue par le soyeux Bared Beylerian, réfugié et entrepreneur arménien associé à partir de février 1927 avec des soyeux lyonnais et stéphanois : messieurs Marion, Girard, May et Reymondon de la Société Lyonnaise de Soie Artificielle. L'entreprise a alors un capital de 1 300 000 francs divisé en 1 300 actions de 1 000 francs. Par ailleurs, Bared Beylerian envoie son frère, Panak, recruter des ouvriers arméniens réfugiés dans les bidonvilles d'Athènes, principalement des femmes. Panak Beylerian est ensuite embauché par le soyeux Maurice Cusin de l'usine de Décines (département du Rhône) pour faire venir des Arméniens pour le travail de la soie sur Lyon. A Joyeuse, l'usine fonctionne à priori jusque vers 1945-1950 puis est abandonnée. Les machines sont retirées dans les années 1990 d'après les locaux. Parallèlement, en 1930, la famille Armand (et notamment 3 des 9 frères et soeurs : Paul, Jules et Jean marié à Berthe) achètent la maison du concierge où ils ouvrent une épicerie (logements à l'étage) et une partie du moulinage où Paul installe son atelier. Par ailleurs, la magnanerie Benoît était installée au-dessus du moulinage jusque dans les années 1950 sans que l'on connaisse le début de cette activité sur le site. Le réfectoire des ouvrières sert un temps d'entrepôt pour des commerces. En 1989, l'atelier de Paul Armand devient une salle de cinéma puis une salle de spectacle communale. L'entrepôt devient une salle de réunion communale. Dans les années 1990, une partie du site est reconvertie en logements, résidence Les Jardins de la Beaume. L'épicerie est maintenant un restaurant dit Grain de Malice. La maison de maître est propriété de la mairie. Elle est aujourd'hui en friche et intéresse l'association Créarches dans le cadre d'un projet de valorisation culturelle.
Usages et pratiques
Reconversion : non
Commentaire reconversion :
Projet de restauration de la maison de maître pour en faire un maison de la culture par l'association Créarches. Une soirée le 7 juillet 2018 a permis de présenter le projet (présence du vice-consul de Chine).
État de conservation : Bon état
Localisation
Sources et liens
Fiche atelier patrimoine : Adrien Vinson
Géoportail, ADA, Cadastre.gouv, EAL, PNR, col. Jacqueline Dumas
Copyright : PNR des Monts d'Ardèche