Résumé
L'usine à tannins de Joyeuse a été construite en 1910-1911 par F. Roubin qui fonde la compagnie Roubin et Compagnie, anciennement Société Nouvelle des Tannins de l'Ardèche qui comprenait déjà l'usine à tannins de Lalevade-d'Ardèche (1903). Joseph Allauzen a alors été nommé administrateur délégué. Le 11 août 1912, la commune de Labeaume émet une réclamation à l'usine de tannins pour souillure de la rivière. En 1914, le nom devient Société Anonyme des Tannins de l'Ardèche. Le 15 août 1917 l'usine ...
Description
Descriptif physique
À partir du cadastre de 1957, on sait qu'il y avait 4 bâtiments sur le site. Le bâtiment le plus important était celui de l'usine. Il se trouvait à l'Ouest du site. Il suivait un plan carré régulier. À son angle Nord-Ouest se trouvait une grande et large cheminée circulaire en brique. La couverture est divisée en quatre toits à deux versants de même largeur et recouverts de tuiles orientés Nord-Sud. 7 fenêtres se trouvent sur le toit le plus à l'Ouest. Les murs extérieurs ont été comblés en partie avec des pierres ou du ciment. Ces murs sont parfois percées par des fenêtres sur leur moitié supérieure ce qui suggère la présence d'un étage. Le quatrième toit à deux versants en partant de la gauche était moins haut que les autres sur ses deux tiers Nord. En partant de la gauche, on voit que le troisième toit à deux versants comportait une tour de 3 étages sur la moitié de sa longueur. Cette tour de pierre ou ciment était couverte de tuiles et comportait une terrasse de toit où il semblait y avoir un réservoir d'eau cylindrique. Sur sa façade Nord, elle avait 2 fenêtres au troisième étage, 1 seule aux autres étages et une porte. Sur sa façade Est se trouvait une partie en bois. Un autre petit bâtiment rectangulaire en bois se trouvait mitoyen à l'angle Sud-Ouest du grand bâtiment de l'usine. Il ne figure pas sur le cadastre rénové, mais apparait sur la photographie de 1958 et des cartes postales montrant l'usine en activité. Le stockage était essentiellement effectué en extérieur, essentiellement entre l'usine et la maison de maitre et aussi au Sud entre l'usine et la voie ferrée. Le bâtiment le plus à l'Est suit un plan en L. Il est crépi, recouvert de tuiles et comporte un rez-de-chaussée, un étage carré, un étage de combles et un sous-sol semi-enterré. Il comportait 3 cheminées. La famille Allauzen vivait dans ce bâtiment où les enfants étaient éduqués. Ce bâtiment accueille actuellement un cabinet de notaires. Les cheminées ont disparues et la route qui passait à l'Est de la maison passe désormais à l'Ouest, sur l'ancien site industriel. Le cadastre rénové indique ensuite un petit bâtiment longeant la limite de la parcelle à une vingtaine de mètres de la maison. Sur la CPA de la gare, ce bâtiment semble être un abri de plein pied ne possédant pas de murs. Le cadastre rénové indique l'existence au Nord du site d'un château d'eau carré que l'on ne voit pas sur les cartes postales.
Repères historiques
Siècle : 22
L'usine à tannins de Joyeuse a été construite en 1910-1911 par F. Roubin qui fonde la compagnie Roubin et Compagnie, anciennement Société Nouvelle des Tannins de l'Ardèche qui comprenait déjà l'usine à tannins de Lalevade-d'Ardèche (1903). Joseph Allauzen a alors été nommé administrateur délégué. Le 11 août 1912, la commune de Labeaume émet une réclamation à l'usine de tannins pour souillure de la rivière. En 1914, le nom devient Société Anonyme des Tannins de l'Ardèche. Le 15 août 1917 l'usine est provisoirement arrêtée pour redémarrer en tant que filiale de l'entreprise. La voie de chemin de fer, qui marquait l'arrêt devant l'usine, permettait d'amener du bois sur le site, mais la ligne a arrêté de fonctionner en 1925 et les rails ont été enlevés en 1930. Dans les années 1920, on retrouve l'usine dans l'entreprise nommée les Tanins Gaulois et J. Allauzen en était alors le gestionnaire des affaires, ce qui l'amène à être fortement présent à Paris. J. Allauzen vivait dans la maison présente sur le site de Joyeuse avec sa famille. En 1922, l'usine fait l'objet d'une enquête environnementale pour pollution. L'entreprise employait environ 50 ouvriers. Elle revendiquait fournir des extraits purs de châtaignier, chêne, quebracho et mimosa. Le bois était coupé en automne et hiver, puis livré écorcé et tronçonné. Elle traite essentiellement du chêne originaire du bois de Païolive et du châtaignier. On pouvait stocker jusqu'à 10000 tonnes sur le site. En 1925, 100 tonnes de bois par jours permettent de fabriquer 100 fûts d'extraits liquides de tannants, d'extraits de châtaignier ou de chêne en poudre. L'usine de Joyeuse aurait cessé son activité en 1935 pour que le groupe ne fonctionne plus qu'avec l'usine de Lalevade. Le site sert par la suite de hangar pour construire les chars du carnaval et de hangar pour la Sotra (Société des Transports Allauzen) : dès 1926-1927, J. Allauzen, parallèlement à son activité de gestionnaire, crée une ligne rapide d'autocars entre Lablachère et Montélimar que l'on retrouve ensuite implantée sur le site. Ces bus sont d'abord connue sous le nom de Cars Allauzen, puis de Société des Transports Allauzen (Sotra) dans les années 1950-1960 quand les enfants du fondateurs reprennent l'activité. La Sotra y était installée avec un dépôt, un garage et le siège social au plus tard à partir de 1958 et jusqu'à l'incendie de novembre 1988 qui détruisit les bâtiments. Seule la maison de maître n'est pas affectée par cet incident. À la place l'usine, on construit au début des années 1990 un immeuble, "les tanins", et des commerces toujours présents aujourd'hui (certains locaux sont désaffectés et parking souterrain hors usage ?). La maison de maître est aujourd'hui un cabinet notarial.
Usages et pratiques
Reconversion : non
État de conservation : Non concerné
Localisation
Sources et liens
Fiche atelier patrimoine : Adrien Vinson
Géoportail, ADA, cadastre.gouv, auzas.eu, Jean-Claude Saby
Copyright : PNR des Monts d'Ardèche